Bernard B.Shaw a dit « Il y a 2 tragédies dans la vie. L’une est de ne pas obtenir ce que l’on désire ardemment. L’autre est de l’obtenir. »

Le mot désir est issu du terme latin sidere (astre ou constellation d’étoiles), de-sidere c’est donc ce qui va nous permettre de nous mettre en mouvement, face au vide (à l’absence d’étoiles).

En ce mois de St Valentin, nous avons échangé sur le désir et les passions, en lien avec l’ouvrage de Fréderic Lenoir, le Désir.

D’abord, nous avons tenté de définir ce qu’était le désir, terme finalement peu employé dans le langage courant, comment apparaissait-il dans nos vies ?  Sous quelles formes ? Avec quelles intensités ?

A travers les siècles, les philosophes se sont attardés sur ce sujet, notamment Platon qui le définit comme une partie de l’âme gouverné par le corps. Pour Spinoza « le désir est l’essence même de l’Homme ».

Le désir serait donc inhérent à l’être humain, moins intense qu’un besoin mais plus fort qu’un souhait. En libérant la dopamine après une satisfaction, le circuit de la récompense est enclenché, le cerveau humain désire toujours plus, toujours mieux.

La société de consommation reposant sur cette insatisfaction organisée, clé de la prospérité économique, et accentuée par les réseaux sociaux et publicités.

Face à ce constat, différentes religions et courants de spiritualités ont donc proposés de réguler ce désir qui peut, en étant sans fin, nous poser un mal-être, pouvant aller jusqu’aux addictions que nous connaissons tous.

Le stoïcisme (Epictète, Sénèque …) le voit comme principal obstacle à la liberté intérieure (être esclave de nos désirs) et à la paix intérieure. Il propose donc de renoncer aux désirs en les remplaçant par des souhaits raisonnés. C’est le passage du désir à la volonté, par la réflexion et la raison.  Le Bouddhisme nous propose d’éteindre cette soif par la voie du milieu, ce n’est pas tant le désir que l’on doit supprimer mais l’attachement qui en découle (et la frustration).

Mais le désir est aussi l’élan vital, dont nous parle Bergson, ce moteur qui nous permet d’avancer, de nous révéler au monde, d’accomplir nos envies, ce qui nous pousse. Spinoza l’associe ainsi à ce qui va nous pousser à vouloir augmenter notre puissance vitale, synonyme de joie. Nous pouvons cultiver ce désir, tout en l’orientant par la raison.

Et à travers nos discussions ce matin, et nos différentes personnalités, nous avons constaté que le désir apparaît sous toutes ses formes (désirs de richesses, de voyages, d’être heureux, de réaliser nos envies…). Certains se contenteront de ce qui peut être fait, dans une forme de résilience et d’acceptation. Certains continueront de réaliser toutes les envies qui les poussent vers demain. Certains tenteront de limiter les désirs par un travail sur soi, grâce à la tempérance.

Mais dans tous les cas, nous pouvons dès à présent, prendre conscience de ce désir qui nait en nous, généralement issu d’un manque. Sans forcément chercher d’explications, juste ressentir ce désir qui nous anime.

 

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Nous nous retrouverons le 28 mars pour échanger sur un autre désir : le bien vieillir.